Poésie Anne Marie


Anne-Marie Léonard
Mas Beau Séjour 34190 Montoulieu

www.amlenpoeme.fr

Voici deux poèmes tout récents d’Anne-Marie :

SABLES…

Sables tourbillonnant sous la force des vents
Filant entre nos doigts comme file le temps
Souffles venus d’ailleurs aux accents mystérieux
Nous laissant deviner au-delà de nos yeux

Sables de tous pays apportant à la terre
Leurs différentes teintes d’ombres et de lumière
Dunes immenses, brûlantes, tournées vers le soleil
Seuls les hommes du désert peuvent faire pareil

Sables de notre enfance et de ses beaux châteaux
A jamais enfouis avec pelles et râteaux
Grains infimes se mêlant au sel sur nos peaux hâlées
Chaleur et ciel d’azur de nos plus beaux étés

Sables qui s’accrochent se confondent à la toile
Que l’artiste a peint puis un jour nous dévoile
Empreintes et couleurs que l’on découvrira
D’un regard inconnu tout comme un premier pas

UNE POIGNEE D’AMANDES

Une poignée d’amandes dans la poche, le dimanche
Elles venaient jouer une nouvelle manche....
Les fruits secs étalés étaient toute leur mise,
Il n’était pas question d’y laisser sa chemise.
La chevelure brune, elles étaient jeunes et belles,
Leurs rires s’envolaient par-dessus la tonnelle,
Les cartes posées sur une table en bois,
Elles s’interpellaient en donnant de la voix...
Dans l’air vibrait alors tout l’accent de l’Espagne,
De ce petit village bien loin de nos montagnes...
Les hommes étaient fiers et levaient haut le front,
Malgré les injures, les incessants affronts.
Ils travaillaient sans fin pour s’entendre dire
Qu’ils mangeaient notre pain et parfois même pire...
Pour leur terre, alors, ils courbaient l’échine,
Une vigne, posée là, de nouvelles racines
Et un petit maset dont la fraîcheur bleutée
Semblaient leur redonner un goût de liberté...
Le dimanche ils allaient dans ce coin de campagne
Et leurs pensées parfois s’envolaient vers l’Espagne...
Les enfants jouaient tous ensemble ce jour-là,
Scellant une amitié qui ne faiblirait pas...
Beaucoup ne connaissaient que ce nouveau pays,
C’est ici qu’ils avaient poussé leur premier cri...
Juliette et Carmen se trouvaient parmi eux
Et déjà la fierté se lisaient dans leurs yeux...
Elles ont traversé les épreuves du temps
Et l’ une a disparu il n’y a pas très longtemps...
Un jour, dans le récit, les yeux bruns de Juliette,
J’ai compris ce qu’était un dimanche de fête :
L’espoir et l’amitié et l’amour en offrandes
Avec, dans la poche, une poignée d’amandes...